L’intervention de #OusmaneSonko devant les députés s’est révélée être une opération magistrale de consolidation de leadership et une séquence de communication politique hautement stratégique. Sa forme de communication, celle d’un technicien au combat, illustre une maîtrise technique par l’utilisation d’un vocabulaire précis (sur la #Dette, le #PlanRedressementEconomique, la #RedditionDeComptes, #BonneGouvernance…). Cela renforce son image d’ancien inspecteur des impôts et légitime ses choix économiques par sa compétence technique.
Il a surfé sur des planches stylistiques de communication politique bien éprouvées :
• Style de transparence affichée :
Il s’engage à « ne rien cacher aux sénégalais » sur l’état des finances
• Sytle de rhétorique binaire :
Communication qui repose sur une opposition forte entre les pratiques de mauvaise gestion et la vérité, la souveraineté, la dignité. Cette simplification renforce le soutien de sa base et rend le discours politique facilement mémorable.
• Style de stature dominante :
Ousmane Sonko occupe l’espace de l’assemblée avec une stature de leader politique fort. Il ne se contente pas seulement de répondre, il riposte et interpelle l’opposition. Le style du dirigeant assumé.
• Style du ton incisif et pédagogique :
Il alterne entre le ton pédagogique lorsqu’il explique les mécanismes complexes de la dette et un ton incisif et polémique lorsqu’il réplique aux critiques de l’opposition. Le ton est souvent direct, parfois frontal, surtout lorsqu’il réaffirme l’autorité de l’État (comme sur la « tolérance zéro » ou la politique pénale).
• Style d’assertivité et de confiance :
La confiance qu’il projette dans la capacité du Sénégal à se redresser avec ses propres moyens (refus de la restructuration de la dette) est un message clé. Cela est conçu pour galvaniser l’opinion nationale et signifier aux partenaires internationaux la détermination du nouveau pouvoir.
• Style de dualité du pouvoir :
Cette dualité est la marque d’un leader qui tente de transformer son statut d’opposant radical en celui de chef du gouvernement pragmatique tout en conservant le panache et l’autorité morale de sa popularité.
Loin du « déballage » escompté par ses opposants et même par certains observateurs, le Premier ministre a livré un discours d’ancrage idéologique et de réaffirmation de souveraineté sur les thèmes cruciaux de la dette cachée, du déficit public, des négociations avec le FMI, et de la restructuration souveraine de la dette.
Ousmane SONKO a érigé une contre-narration efficace transformant une session de reddition de comptes (#Rapports #IGE, #CourdesComptes) potentiellement périlleuse en une tribune de légitimation. Il a habilement déjoué la tentative de piège rhétorique de ses détracteurs en adoptant une parole calibrée et moins prolixe mais d’une précision chirurgicale sur les dossiers techniques et les orientations macroéconomiques. Il s’est positionné non pas en simple technicien du gouvernement, mais en stratège politique visionnaire.
Sur le plan politique interne, il a subtilement balisé son propre espace idéologique. Face aux rumeurs et aux jeux d’éclipse au sein de la coalition de l’Oubli et du Pardon « Diomaye Président », il a renouvelé son mandat populaire en insistant sur l’engagement inaltérable envers les préoccupations du peuple. Cette insistance, en filigrane est une déclaration d’autonomie idéologique qui signifie qu’aucune manœuvre d’éviction ou de caprice politique conjoncturel ne saurait entamer la dynamique de sa ligne réformatrice. L’accent mis sur la bonne gouvernance et l’intransigeance sur la reddition des comptes sert de ligne rouge éthique et de levier de pression interne.
Cette performance confirme la portée stratégique du personnage. Ousmane SONKO ne se contente plus d’être un activiste politique, il est désormais un architecte de la gouvernance qui parvient à fusionner l’exercice du pouvoir avec la permanence de son statut de leader contestataire et réformateur. Le Premier ministre a démontré une capacité d’absorption des attaques et une faculté de rebond discursif qui lui assurent la conservation de l’initiative politique.
La communication de Ousmane SONKO sur la reddition des comptes est un acte de leadership : il sanctionne l’ère passée pour légitimer l’ère actuelle. Il utilise la moralité publique comme un puissant capital politique, transformant la lutte contre la corruption en un pilier de sa doctrine de gouvernance.
Les interventions de ses ministres des finances Cheikh Diba et de Abdourahmane Sarr, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération sur les dossiers de la dette, de la restructuration, et les moyens stratégiques de dompter le déficit public démontrent une double compétence : la maîtrise des concepts macroéconomiques complexes et une capacité à les traduire en leviers de pouvoir et de communication politique.
Ousmane SONKO a fini d’illustrer que l’enceinte de l’assemblée nationale n’est pas un théâtre de personnification mais le sanctuaire où se forge le destin de la Nation, une tribune de rappel à l’ordre républicain élevant le débat politique au-delà de l’opportunisme et de la tactique politicienne stérile. Sa maîtrise rhétorique et sa rigueur intellectuelle dessinent la trajectoire d’un homme pour qui l’engagement est un véritable sacerdoce, une obligation morale envers le peuple, et non un simple tremplin vers les prébendes du pouvoir.
Le discours politique se drape trop souvent dans le voile sibyllin de la « Raison d’État » et de la « Réalité du Pouvoir ». Ces concepts, lorsqu’ils sont invoqués pour justifier l’inertie ou l’opacité ne sont que des sophismes mythiques, des artifices creux visant à diluer la responsabilité et à sanctifier des pratiques subjectives. Le véritable leadership ne réside pas dans la soumission à ces prétendues contraintes mais dans la transcendance des perfections théoriques de l’État par l’homme politique lui-même. C’est l’incarnation de l’éthique et de la bonne gouvernance qui légitiment l’exercice du Pouvoir.
L’analyse de la communication du Premier Ministre révèle une stratégie précise jouant sur son image d’homme technique et de leader charismatique et polémique qui confirme sa légitimation politique.
Elimane Ndao
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